L'Orgue de
Notre-Dame de Sarrance

Histoire de l'orgue de Sarrance

D'après diverses recherches effectuées par des historiens de l'orgue, certains attribuent la paternité de l'orgue de Sarrance à Delaunay, facteur toulousain.

D'autres citent Gérard Brunel, facteur très connu dans la région et concepteur des instruments de Saint-Jean de Luz, Ciboure et Nay. Il avait son atelier à Oloron. Il aurait conçu l'orgue dans la deuxième moitié du XVIIe siècle.

La Révolution aurait réduit l'orgue à une lamentable épave « par suite de l'enlèvement d'une quantité de tuyaux essentiels à son organisation, dont certains commissaires firent leur usage (?) à cette époque. »
A la fin de la Terreur, on essaya quelques réparations pour lui donner de la voix. Les archives consultées n'ont donné que des informations très fragmentaires sur ces travaux.

Le 11 mai 1850, le conseil municipal de Sarrance constatait : « Depuis quelques années, on n'a pu en tirer aucun son, soit à cause du délabrement des tuyaux, soit à cause de la poussière qui s'y est introduite, soit enfin à cause du délabrement des soufflets de l'orgue que leur trop long repos a mis presque hors de service. »

Répondant aux vœux des édiles locales en 1872, le facteur d'orgue Georges Wenner, de Bordeaux, apportait déjà une importante amélioration par la fourniture de jeux supplémentaires, la remise en état de la mécanique de l'instrument et la rénovation de la soufflerie. Mais malgré ces réparations, l'orgue restait fort modeste.
Contact fut donc pris en 1904 avec le facteur d'orgue Roger, lui aussi bordelais, connu dans la région par divers travaux, lequel ajouta sept jeux et porta le clavier manuel à 54 notes.

Une association de Sauvegarde du Patrimoine Culturel de Sarrance et de la Vallée d'Aspe était créée afin de récolter des fonds dans le but, à la fois, de conserver le patrimoine existant et de contribuer par les recettes de manifestations diverses à la construction d'un nouvel instrument. L'Etat, la Région, le Département et le SIVOM de la vallée d'Aspe ont apporté leurs aides respectives.
On fit appel en 1980 à un facteur d'orgue de Pau, la maison Pesce. Il conçut l'instrument actuel, sur une composition du XVIIe siècle, plus en harmonie avec le très beau buffet en bois polychrome et or, daté des environs de 1660 et classé Monument Historique le 15 mars 1976.
Le facteur d'orgue palois réalisa un orgue à traction mécanique de 21 jeux sur deux claviers manuels de 48 notes et un pédalier de 29 notes. La console était disposée en fenêtre.

 

Le clavier du Grand Orgue

Le clavier d'Echo
Montre 8 Tierce 1 3/5 Bourdon 8
Bourdon 8 Fourniture 3 rangs Prestant 4
Prestant 4 Cymbale 2 rangs Doublette 2
Flûte à cheminée 4 Cornet 5 rangs Larigot 1 1/3
Doublette 2 Trompette 8 Cymbale 3 rangs
Nazard 2 2/3 Voix humaine 8 Cornet 3 rangs
Cromone 8
Flûte de 8 et Trompette 8 à la Pédale.
Un tremblant sur clavier et une tirasse G. O.

Une Académie d'orgue, sous la direction de Mme Cottard et M. Robert, organiste de la cathédrale de Versailles, a permis pendant plusieurs années, au cours de l'été, de parfaire la formation de jeunes organistes venus du monde entier.

Ce bel instrument, par sa composition et son esthétique sonore, permet l'interprétation du répertoire classique français, comme nous avons pu l'entendre au mois de septembre 2003 pour le 20ème anniversaire de sa restauration.

D'après M. de Froissard
(Montaut-Bétharram)

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